L’égalité au défi de la féminisation

Quel nom d’article bizarre ! On aurait pu penser que l’apport du féminin, ou plus généralement de la femme, dans la sphère politique et même social, serait un plus pour concilier la femme et l’homme sur un terrain dont aucune société dans l’histoire n’a foulé le nom : nous parlons bien évidemment de celui de l’égalité.

 

Un premier constat doit être fait : celui d’une féminisation de la société. La conséquence directe de cela, c’est une démasculinisation de l’homme. A la poubelle le phallus, le soi-disant patriarcat ou autre emblème de pouvoir visant à aliéner la femme, à la confiner dans la cuisine tout en ne permettant pas son ascension sociale qui lui est due. Quand nous disons tout, c’est tout ! Nous devons dire adieu aux jeux de guerres ou de voitures donnés aux enfants, et aux jeux de poupées qu’on donne aux filles qui reproduisent les inégalités entre les deux sexes ; par la fenêtre les soutifs ou soutien-gorge, synonyme d’une oppression dont il faut se libérer impérativement. Mais ce n’est pas fini, un projet d’une telle ampleur ne prend pas de pause : on ne se repose pas quand on a pour projet un monde meilleur. L’homme, qui ne donne pas naissance à un enfant, doit désormais prendre lui aussi un congé de paternité pour empêcher son ascension dans le monde du travail au détriment d’une femme qui, elle, doit s’occuper de son enfant. On l’aura compris ce que sous-entend une féminisation de la société qu’on va définir maintenant. Par féminisation de la société, nous entendons « une société où toutes les pratiques, quelles que soient leurs natures, doivent être uniformisées pour permettre ainsi une égalité et espérer un monde meilleur ». Le projet est simple : on prend le mal à la racine et on supprime les différences : on met autant d’hommes que de femmes en politique, etc.  La femme est l’égal de l’homme, voire la femme est l’homme, et il est inutile d’établir une différence entre les deux. Il faut dépasser les concepts d’homme et de femme qui nous proposent des différences et donc – si vous avez suivi – des inégalités. La nature même est mauvaise – si l’on peut encore parler de nature – puisqu’elle implique des inégalités. Les conséquences sont nombreuses, et nous ne pouvons toutes les énumérer, nous allons en citer donc qu’une seule. Mais n’anticipons pas trop… Cette vision s’accompagne aussi d’une acceptation d’autrui totale, même dans sa différence la plus abyssale, à condition qu’en retour, il accepte aussi la nôtre. Mais tâchons d’être plus précis : on accepte autrui, car aucune différence s’est immiscée entre lui et un autre, ou plutôt on fait « comme si ». On est rentré dans un stade supérieur : on a renoncé à nos sens pour faire abstraction des différences pour les poser sur un même plan. C’est Nietzsche qui serait ravi  : on a donc affaire ici à des surhommes, ou plutôt des surhumains dont la définition est complètement bafouée. On ne contrarie rien ni personne. Il ne faut pas oublier les animaux et la planète aussi. La perte d’un moustique est d’autant plus matière à pleurer qu’un attentat. Je pense avoir défini clairement ce qu’était une féminisation d’une société, nous ne sommes pas rentrés en profondeur, mais j’espère que les lecteurs qui me lisent font le même constat et que j’aie réussi à mettre des mots sur des sentiments qu’ils ressentaient. Bref, j’espère que mes lecteurs se sont vus éclairés.

Les conséquences sont nombreuses et périlleuses, je n’en retiendrai qu’une qui fera l’objet de ma critique : celle d’une confusion entre l’égalité et l’uniformité. Il n’y a qu’une seule manière de promouvoir l’égalité de cette idéologie féministe, dont la gauche s’est emparée pour occulter les véritables questions sociales (mais là n’est pas notre sujet). Il y’a donc une forme d’une dictature de l’égalité : on nous impose cette égalité. Si tu es une femme tu dois prouver que tu es libre en travaillant. Tu ne dois pas être la pauvre recluse dans ta cuisine de l’ancien temps, mais être la femme moderne libre de tout principe hétéronomique. Et si tu ne travailles pas, il faut que ce soit un choix libre et conscient, bien sûr. C’est à se demander si cette liberté ne deviendrait pas plus aliénante que libératrice. L’exemple le plus marquant est celui du congé de paternité qui met en lumière la vision tronquée de cette égalité. Il faudrait que les hommes se voient imposer des congés de paternités de telle sorte qu’il ne prenne pas de l’avance dans le monde du travail. On universalise, pour reprendre la formule de Kant, l’uniformisation et on obtient l’égalité. Cette vision nie alors la démocratie en prétendant imposer des conduites, ou plutôt s’octroie la propriété de La cause juste en l’imposant à tous. On ne vivrait plus dans société égalitaire, mais dans une société où les comportements et les conduites seraient conditionnés de telle sorte que l’homme perde sa liberté. L’égalité ne serait plus une pratique, mais quelque chose d’imposée. Un matraquage politique semblerait nécessaire pour régir les comportements humains : cette vision féminisée réaliserait alors le projet de toute dictature digne de ce nom.

C’est la raison pour laquelle je propose une vision de l’égalité tout autre, une vision classique : une égalité où tous les individus ont les mêmes droits et sont libres de les exercer ou non. Car si on impose ces droits, ils se dénaturent pour se substituer à des devoirs dont la volonté de chacun n’est pas disposée à accomplir. On refuse donc de renoncer à la différence sur le plan de l’égalité, car si on y renonce, on s’aliène d’autant plus. L’idéologie dominante pratique donc un nihilisme très profond. Et ce n’est qu’une critique parmi des myriades de contradictions, mais qui ne font pas l’objet de mon propos.

Donc le titre de cet article prend alors tout son sens : l’égalité semble être défigurée. Néanmoins, il nous faut la sauver, et même redorer son blason. Il faut permettre plus d’égalité sans pour autant nier nos différences, voire en les valorisant. Et on comprendra alors qu’uniformisation et égalité sont antinomiques.

Moltaigo.

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