La nature de l’émancipation aliénante de la femme

Nous vivons aujourd’hui – et nous ne pouvons plus le nier – dans une société de consommation, c’est-à-dire dans une société où l’on nous incite à consommer abondamment. Les conséquences d’une telle société sont si nombreuses que nous essaierons de traiter le sujet que nous allons fixer. En effet, c’est une stratégie plus vieille que l’histoire – comme le démontre les sophistes que combat Platon – que de rendre attrayant ce que l’on vend. Bref, l’objectif consiste dans le paraître ; on privilégie le contenant au contenu, la forme au fond, le paraître à l’être. La femme, contre son gré, quoi qu’elle en jouisse par certains moments, semble se hisser parmi les désirs les plus puissants, les plus importants, voire même les plus sacrés chez l’homme, tout particulièrement, mais aussi chez la femme. Cela semble être inhérent à l’homme comme le témoigne le choix de Pâris lors de l’épisode de la pomme de la discorde. Pâris doit choisir qui est la plus belle entre trois déesses ; chacune, pour obtenir le vote de Pâris, va lui offrir ce qu’elle a de plus magnifique : entre un empire, une victoire à chaque guerre, Pâris choisit la plus belle femme au monde dans son lit – ce que tout homme aurait sûrement choisi.

 

Le profit, et encore plus de profit, cela ne s’arrêtera-t-il jamais ? Il semblerait que non. Les moyens pour vendre ne se comptent pas par milliers. Nous pouvons en décompter plusieurs, mais le plus important reste l’instrumentalisation de la femme dans la société de consommation. Pour vendre plus, il faut attirer plus – et quoi de plus attrayant qu’une femme belle ? On l’aura compris, les femmes et l’argent font bon ménage. Cette stratégie est ce que l’on pourrait appeler un classique, car qui connaît l’homme, connaît aussi ses désirs les plus profonds ; et qui connaît ses désirs les plus profonds voit au bout du tunnel la femme. On a compris la recette, mettez de beaux corps de femmes partout et vous vendrez plus ! Il est préférable qu’elles soient dénudées et qu’elles correspondent à un certain canon de beauté. Nous n’allons pas quand même mettre une grosse pour vendre un parfum à 85 euros, cela semble être logique et d’autant plus frappant lorsque l’on lit et que l’on se représente cette stratégie marketing dans notre tête. C’est, cependant, sous le joug de cette stratégie que nous croulons tous autant que nous sommes ; et c’est cela qui nous incite à acheter, à stimuler en nous des désirs, et donc à créer en nous des frustrations si l’on ne satisfait pas ces désirs. Positions sensuelles et autres lingeries attrayantes nous feront changer d’avis sur l’objet qu’il faut acheter, enfin pour les faibles. Et même certains qui ont conscience de cette manipulation de la femme par la société de consommation considèrent leurs désirs comme irrépressibles et donc non-maîtrisables. La conquête de l’homme sur ses passions, vieille depuis plus de 2500 ans, et plus particulièrement inaugurée par Socrate, semble avoir tout son sens dans nos sociétés modernes, dites « civilisées » et « évoluées ».

Il est intéressant de noter à quel point cette instrumentalisation représente l’image de la femme que l’on se fait aujourd’hui. Elle était, elle est et elle sera un moyen, et non une fin en soi pour reprendre le vocabulaire de Kant qui semble adéquat. Elle est là pour donner la vie, elle est là pour vendre, elle est là pour consommer (pour vendre plus, il faut consommer plus, d’où la nécessité de placer les femmes dans le marché du travail – ce qu’on présente aujourd’hui comme une libération). Et dans le cas de cette hyper sexualisation, on remarque bien que la valeur d’une femme se mesure à sa beauté, ou pour être plus général et plus véridique, à son paraître. Sa beauté, ou son paraître, doit primer sur tout le reste, il faut donner « l’apparence de ». Cette analyse, qui reste assez général, est d’autant plus saisissante lorsqu’on regarde les relations entre les hommes et les femmes. Le principal critère d’un homme pour choisir une femme reste le physique, ce qui n’est pas du tout réciproque. C’est comme si la nature la conditionnait à un rôle que la société perpétue.

Tâchons d’être clair sur la nature de l’émancipation de la femme. Le problème est qu’elle ne s’est pas émancipée en tant que femme, mais plutôt comme consommatrice et source d’attractivité. La recherche de profit, ne cessant de grandir, nécessitait plus de consommateurs. Les femmes, étant de grandes consommatrices, ont été placées dans le marché de consommation, donc dans le marché de travail. Les deux sont intrinsèquement liés, car pour consommer il faut un revenu. Elles n’ont jamais été reconnue comme les égales des hommes ; c’est la raison pour laquelle le combat féministe continue, et qu’il continuera à jamais. Elles ont l’avantage contrairement aux hommes de mieux consommer, mais en plus, de mieux vendre. Le problème de la femme reste sa nature : la femme donne naissance aux enfants ; cela entrave directement sa productivité. Ainsi, ce qu’on présentait comme une lutte féministe, par exemple le droit à l’avortement et aux préservatifs, servait tout simplement à pallier aux inconvénients de leur nature. Les discours féministes ne cessent de proliférer à cause de ce léger décalage et du quiproquo concernant  l’émancipation des femmes qui n’a jamais eu lieu. Elles sont contraints à travailler, et ce n’est plus un droit, mais un devoir. Le travail, étant l’essence de la société, nous pouvons affirmer que la situation de la femme ne s’est nullement améliorer.

 

Nous aurons donc compris que la femme, et le fait qu’elle soit de plus en plus visible, n’est pas le signe d’une émancipation, mais plutôt l’aboutissement d’une réflexion permettant de lui donner une utilité en tant que moyen. Elle a beau être un en deça de l’homme, elle n’en demeure pas moins inutile. L’objectif est donc le suivant : la reconnaissance de la femme en tant que femme, qu’elle ne soit pas prisonnière de ses discours, que ce qui est en puissance se transforme en acte.

Moltaigo.

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