L’impact de l’héritage culturel au sein de la réussite scolaire

L’impact de l’héritage culturel au sein de la réussite scolaire, un sujet important dès lors que l’on s’intéresse au fonctionnement des sociétés contemporaines. En effet, dès lors que l’on parle d’inégalité sociale, on est obligé de parler d’école et d’éducation.
Cette question est d’autant plus légitime que l’on constate une hausse du niveau d’éducation mais pas une hausse similaire des mobilités sociales ( la mobilité sociale = capacité d’un fils d’ouvrier à pouvoir élever sa condition sociale est d’atteindre un niveau supérieur à celui de ses parents). En d’autres termes, une meilleure égalité quantitative (plus de personnes ont accès à l’éducation) mais une piètre égalité qualitative (conditionnement social).

Au début des années 80, 80% des enfants d’ouvriers finissaient ouvriers. Aujourd’hui, ce pourcentage a diminué de 10% soit 70%. On peut le voir de 2 façons différentes:

-Une vision optimiste: l’école permet à 30%, soit des dizaines de milliers d’enfants de s’élever au dessus de la condition de leurs parents.

-Une vision pessimiste: la France, qui se vante d’un système où règne une égalité des chances, une méritocratie et où pourtant 70% des fils d’ouvriers sont cantonnés à des métiers d’ouvriers.

Je ne peux bien évidemment aborder ce sujet sans m’appuyer de Pierre Bourdieu, Passeron et de leurs fameux ouvrages tels que « les héritiers » et « La Reproduction ». Pour Bourdieu, la reproduction sociale est inévitable étant donné les paramétrages de notre société, le point majeur de cette reproduction étant selon lui le système éducatif français. Comme vous l’aurez compris cet article sera une analyse des idées de Bourdieu.

Être issu d’une famille bourgeoise n’offre pas simplement plus de ressources matérielles, économiques, cela va bien au-delà de ça. Bourdieu définit l’ensemble des apports d’un parent envers ses enfants comme capital économique, culturel,social et symbolique. Je m’intéresserai ici au capital culturel qui désigne l’ensemble des compétences, des comportements qu’un individu a incorporé de par son milieu social, ses fréquentations. Pour vous donner un exemple, un fils d’avocat, aura probablement plus l’occasion d’aller au théâtre, au musée,et de s’instruire auprès de ses parents qu’un fils d’ouvrier.
De plus, il est bien important de comprendre que l’école enseigne et transfère la culture légitime. Qu’est-ce que la culture légitime? La culture est composée d’un lot infini de connaissance. L’éducation nationale ne pouvant bien évidemment pas enseigner l’infini, sélectionne des parties de cette ensemble qu’elle juge légitime de transférer aux élèves. Par exemple: on vous enseigne sur la seconde guerre mondiale mais on ne vous apprendra pas à coudre. Le lien entre culture légitime et capital culturel se fait naturellement. Il se trouve que les personnes bénéficiant d’un bon capital culturel sont plus ou moins déjà imprégnées de cette culture légitime. Pour les moins favorisés cette culture pourrait s’apparenter à une seconde culture. Ainsi, ils sont inégalement préparés par leurs cultures familiales respectives à assimiler un même message pédagogique.

Voici une typologie des différents rapports à l’école. Une généralisation un peu extrême mais qui permet d’avoir un aperçu globale. Bien évidemment cela n’est pas absolu.

La société divise les gens en 3 catégories:
Les classes favorisées,classes moyennes, les classes défavorisées.

L’enfant issu du milieu favorisé fera plus souvent preuve d’une bonne capacité de compréhension ayant baigné dans cette culture légitime, bon profil académique. Il existe d’ailleurs un second cas de « favorisé » celui qui, exprime un certain mépris vis-à-vis de l’école. Celui qui de par la capacité économique et le réseaux dont il dispose, ne voit point d’intérêt à suivre un cursus académique.
Pour ce qui est des classes moyennes, on retrouve généralement une transmission de bonne volonté culturelle, les parents savent que l’école est légitime, qu’elle a de la valeur même si ils n’ont pas forcément baigné dans cette culture légitime.
Concernant les classes défavorisés ceux-ci n’ont pas souvent un rapport positif vis-à-vis de l’école. Ils peuvent la voir comme un jeu truqué, ils ne baignent pas dans cette richesse culturelle et ont ne leur a pas forcément transmis les valeurs adéquates. Pour illustrer cela, on peut évoquer les différences de rapport qu’ont le père ouvrier et le père cadre. Le premier peut en cas d’incertitude vis-à-vis du niveau scolaire de son fils le pousser à effectuer des études moins poussées,courtes pour assurer l’emploi tandis que le second ,connaissant la valeur des diplômes va le pousser un maximum afin qu’il s’élève le plus haut possible socialement et professionnellement.

Dans cet article je me suis concentré sur le capital culturel, mais il ne faut pas oublier le capital social ,économique et même le capital symbolique qui renforcent également les inégalités et  que je n’ai pas abordé dans cet article. De surcroît, j’ai abordé la réussite scolaire et non la réussite en générale. Dans le deuxième cas, il aurait fallu aborder le fonctionnement du marché du travail et la politique publique, d’autres concepts plus ou moins complexes.
Je te remercie d’avoir suivi cet article jusqu’ici n’hésite surtout pas à partager!

 

Please follow and like us:
Facebook
Facebook
RSS
Follow by Email
Google+
http://jeunesdinfluence.fr/?p=552
YOUTUBE
YOUTUBE
INSTAGRAM

Laisser un commentaire